Activités

Le mois dernier Juin 2017 Le mois prochain
L Ma Me J V S D
week 22 1 2 3 4
week 23 5 6 7 8 9 10 11
week 24 12 13 14 15 16 17 18
week 25 19 20 21 22 23 24 25
week 26 26 27 28 29 30

Suivez-nous sur facebook

Achat ou élevage

Avant que le Centre Belge pour Chiens-Guides n’accepte un chiot dans son programme d'entraînement, les éducateurs et le vétérinaire doivent avoir certains renseignements non seulement sur le chiot mais aussi et surtout sur ses parents.

Le comportement d'un chien est en partie génétiquement déterminé. Les parents doivent être soigneusement sélectionnés. La probabilité d’avoir des chiots futurs chiens-guides doit être aussi élevée que possible. Les jeunes chiens grandissent dans un environnement idéal, motivant et riche en stimuli. Adultes, ils sont équilibrés et sociaux. Ce parcours s'appelle la ‘domestication’.

La santé physique des animaux est prise en compte lors de la sélection, que ce soit pendant l'élevage ou à l'achat. On fait appel à des spécialistes en médecine vétérinaire qui détectent la présence éventuelle de maladies héréditaires chez les chiens. C’est la raison pour laquelle le critère du pédigrée est capital. Dans ce contexte, les réclamations sont possibles si les examens démontrent que les parents ont des maladies héréditaires comme des troubles orthopédiques (dysplasie des hanches, dysplasie des coudes, ostéochondrose de l'épaule), des maladies de l’œil (cataracte, maladies de la rétine), des maladies de la peau (par exemple l’atopie), etc.

Les chiens font l’objet d’un suivi consciencieux de la part de nos vétérinaires qui leur procurent immédiatement les soins médicaux nécessaires.

Le CBCG n’accepte un chien comme chien reproducteur que si ce chien réussit la formation. Autrement dit, le chien-guide parfait est aussi le chien d'élevage parfait.

L’évaluation du chien tient notamment compte des qualités suivantes :

  • Caractéristiques physiques et mentales
  • Le chien doit faire preuve de résistance à l’occasion d’intempéries et de longues promenades.
  • Comportement : volonté d'apprendre, sens de la responsabilité, flexibilité.
  • Sensibilité : équilibre tant sur le plan mental et physique qu’au niveau auditif.
  • L’hypersensibilité peut entraîner des réactions excessives et du stress. Il est très difficile de récompenser le comportement souhaité, de punir ou d'ignorer un comportement indésirable chez les chiens hypersensibles.
  • The will to please : le chien veut plaire à l'homme. A ce moment-là seulement, il aime son travail et voudrait surtout « continuer » à le faire.

Le chien qui répond à ces exigences se verra attribuer un rôle important dans le CBCG.

L'expérience prouve que très peu de chiens présentent les aptitudes requises. Chaque chien-guide potentiel est un investissement en temps et argent. C'est pourquoi nous avons acheté à l'origine beaucoup de nos chiens à la GDBA (Guide Dogs for Blind Association) qui a une expérience de plus de 60 ans. Aujourd’hui, nous faisons venir nos chiens notamment du Royaume-Uni, et nous nous procurons du bon matériel d'élevage aux Pays-Bas et en Belgique. Nos familles d'accueil peuvent aussi avoir une petite niche CBCG.

Les chiens que nous utilisons sont pour la plupart des labradors, des golden retrievers et des chiens issus du croisement de ces deux races. Certains bergers et le caniche royal peuvent aussi devenir chien-guide.

Entraînement

Lorsque le chien a environ un an, il quitte la famille d'accueil pour intégrer le centre de formation où la formation proprement dite commence. Pendant les premières semaines, le chien apprend à s'adapter à son nouvel environnement et à gagner sa place au sein de la meute de chiens en formation. Un chien éduqué pour guider doit être habitué à une multitude de situations, de sons et d’impressions de la vie quotidienne.

Pendant les journées puppy organisées au cours de la première année de vie du chien, les éducateurs ont l’occasion de suivre chaque chiot en particulier et de voir l’évolution de leur caractère. 

Tenant compte des caractéristiques comportementales du chiot, les éducateurs continuent à pratiquer les commandes de base et de contrôle sur le chiot. Grâce aux divers exercices enseignés, les chiens apprennent qu'ils doivent être patients et attentifs à leur maître. Des qualités dont ils auront besoin dans leur future vie de chien-guide.

Le chien apprend à marcher correctement en laisse, avec la tension adéquate sur la laisse, et à être à la bonne place par rapport à l'éducateur et à l'environnement.

Il apprend progressivement à constituer un binôme avec la personne qu’il guide. Celle-ci est comme le prolongement de son corps. La laisse est la connexion. Après quelque temps, elle est remplacée par le harnais. Ce n'est que lorsque le chien se rend compte de cette unité avec la personne qu’il guide que les obstacles sont évités.

L'orientation est une donnée très importante pour un handicapé visuel. Le chien apprend à traverser la rue en ligne droite. Il doit indiquer le bord de chaque trottoir. Chaque descente doit être signalée afin que l'utilisateur du chien-guide puisse la prévoir. Lorsque l'utilisateur aveugle ou malvoyant sent et entend qu'il n'y a pas de danger après la descente, il donne l'ordre "forward". La même procédure est suivie pour monter sur le trottoir. Ces actions sont mises en scène par les éducateurs pendant l'entraînement.

Le chien ne réagit qu'aux ordres verbaux. L'utilisation de la voix est forcément très importante. Les ordres concernant le travail de guidage sont donnés en anglais. Donc, le chien ne change de direction que si cela lui est demandé.

Pendant l'entraînement, le chien porte toujours un harnais. C'est l'équipement typique pour un chien-guide. C'est par l'intermédiaire du harnais que la personne aveugle est en contact avec l'animal. Ce n'est pas un instrument pour guider le chien mais bien pour sentir la direction dans laquelle le chien-guide se dirige.

Un chien-guide en formation apprend à prendre l'initiative devant un obstacle. Il décide quel côté est le plus sûr pour que son maître aveugle puisse continuer sa route. Donc, le chien décide lui-même quel chemin suivre. 

En cas d'obstacle sur le trottoir, le chien est quelquefois obligé de quitter le trottoir et d’aller sur la route. Dans ce cas, il indique le bord du trottoir pour informer la personne aveugle. Il fait comprendre à la personne aveugle qu'il ne peut donner suite à un ordre. Après l'obstacle, le chien rejoint au plus vite le trottoir afin d'être le moins de temps possible sur la route. Le chien doit pouvoir prendre l'initiative.

Eviter les obstacles doit se faire aussi bien à la hauteur du chien qu'à la hauteur de la personne. Pour les obstacles en hauteur (branches, stores de terrasse, …), le chien doit se sentir uni à la personne aveugle. Soudain, il mesure 2 mètres de haut et 1 mètre de large. Les ordres doivent toujours être suivis, sauf s’ils sont inexécutables ou s’il existe un risque pour la vie de la personne aveugle.

Voici un exemple.

Une rue ne peut être traversée que si elle est libre. La couleur des feux tricolores ne joue aucun rôle. Le chien-guide doit être capable d'estimer le trafic existant. S’il détecte un danger, il doit refuser l’ordre de traverser. Une tâche très difficile.

Dans un magasin, le chien-guide doit rester gentil et calme et ne provoquer aucun dérangement.

A l’approche d’un escalier, il doit s’arrêter à la première marche et bloquer le passage.

S'il y a une rampe, il doit l’indiquer. Dès que la personne aveugle se tient à la rampe, le chien descend l’escalier. Il identifie la dernière marche en marquant un arrêt sur celle-ci avec ses deux pattes.

Pendant sa formation, il effectue souvent des exercices de recherche. Il apprend notamment à indiquer l’arrêt de bus, une chaise, la boîte postale, la porte, … A chaque exercice bien réalisé, l'éducateur le récompense en lui donnant un biscuit.

Le chien-guide doit ignorer complètement les autres chiens-guides et chiens présents dans la rue et maintenir un comportement neutre pendant qu’il guide.

Il ne porte aucune attention aux autres piétons, poussettes, etc.

Durant la formation, le chien est confronté à un maximum d’obstacles différents. Il apprend à les reconnaître jusqu’à ce qu’ils lui soient familiers. Ces exercices le préparent à faire de même plus tard, dans sa vie de chien-guide.

La formation est également une évaluation permanente des qualités du futur chien-guide. L'éducateur cerne la nature du chien et estime ses capacités. A tout moment pendant la phase de formation, il peut décider de réformer le chien s'il n'est pas apte à sa tâche. La formation des chiens-guides exige beaucoup de patience mais surtout une bonne organisation et préparation de tout le processus. C’est un enchaînement d’éléments, chaque élément étant important. Si un chaînon est manquant ou ne fonctionne pas correctement, le chien en formation ne devient pas un bon chien-guide.

La formation complète dure entre six et dix mois. Il s’agit du délai pour former le bon binôme personne – chien. On parle de « matching ».